Addiction au tabac

 

Le tabac affecte directement les voies respiratoires. Comme déjà expliqué dans le cas de l’asthme, les poumons sont un lieu d’échange avec le monde qui nous entoure. En inspirant, nous recevons ce qui vient de l’extérieur. En expirant, nous donnons, nous exprimons au monde ce qui vient de nous. L’un des axes principaux à étudier sera : Le voile de fumée que je mets sur mes poumons est-il destiné à me protéger de ce qui vient de l’extérieur et que je considère comme une agression ? Ou bien est-il destiné à filtrer ce que j’exprime, de peur que ce que j’ai à donner soit mal reçu, rejeté ou ignoré ? Même si les gros fumeurs ne peuvent s’empêcher de griller une cigarette en étant seuls, la tentation semble beaucoup plus grande quand il se retrouve en société. Signe de reconnaissance, admission dans un « club », moment de partage convivial, fumer peut être vécu comme un moyen de se rapprocher d’autrui par la similitude d’un geste, et donc de compenser le sentiment de ne pas être acceptable.

-          Une femme de 40 ans fumait un paquet de cigarettes par jour. Bien des fumeurs ressentent le besoin de fumer en période de stress. C’est un moment de calme, de douceur, ou de retrait qu’ils s’octroient en période d’agitation, de désarroi, de contrariété ou de tristesse. Pourtant dans le cas de cette personne, il semblait que c’était l’inverse. Dans les moments difficiles, elle était moins tentée que dans ceux où elle était pleinement heureuse. La phrase de départ pour la 1ère séquence d'EFT était : « Même si je suis tentée de fumer quand je suis heureuse, je m’aime et je m’accepte infiniment. » Puis, immédiatement après, est montée la sensation que, puisque le bonheur est là, autant en vivre le plus possible. S’il était même possible d’en accumuler et de le stocker quelque part, ce serait bien, car je pourrais puiser dans ces réserves en cas de nécessité, pour les jours où la joie, le bonheur et la plénitude semblent s’effilocher. Nous avons donc mis l’accent sur la peur de manquer, sur la notion de pénurie possible. « Même si j’ai cette peur que le bonheur déserte ma vie, je m’aime et je m’accepte infiniment ». Alors un souvenir un peu pénible est apparu. Sans relater ici le détail de sa vie, elle avait connu un événement heureux dans son enfance, suivi de près par un autre plus douloureux. Elle avait relié les deux alors qu’il n’y avait absolument pas lieu de le faire. Et elle avait commencé à culpabiliser, en se disant que si elle était heureuse, il allait bien falloir le payer plus tard, comme si elle devait acheter un moment de bonheur avec un autre de souffrance ! Aujourd’hui, adulte, elle pouvait difficilement profiter de l’instant présent et s’abandonner totalement aux instants de bonheur sans prendre une cigarette. Sans la cigarette, ces moments allaient laisser la place à d’autres moins agréables. La cigarette servait de subterfuge. En se polluant elle-même, elle choisissait toute seule de vivre sa souffrance. Le voile de sa culpabilité avait pris la forme d’un voile de fumée qu’elle déposait jour après jour sur ses poumons. Débarrassée de ce mécanisme, elle s’octroya le droit de vivre des moments heureux sans avoir à les acheter, sans avoir non plus à les retenir de peur qu’arrive un malheur ensuite. S’arrêter de fumer s’effectua progressivement en moins de deux semaines.