Deuil d'une relation - Accepter une rupture

 

- Estelle, 30 ans, vivait seule dans son appartement depuis près de deux ans. Sa vie professionnelle allait bien, sa vie familiale et sociale aussi. Elle acceptait volontiers les sorties proposées par ses amis, mais aucun prétendant n’avait réussi depuis deux ans à franchir le bouclier qu’elle avait cadenassé autour de son cœur. Elle souhaitait une vie de couple, et désirait même fonder une famille. Mais aucun homme n’était à la hauteur de son David ! Ils avaient vécu ensemble depuis leurs études. Elle en parlait avec nostalgie, tristesse, mêlée d’une pointe de fierté. Ils formaient un couple magnifique, parfaitement bien assorti. Partout où ils allaient, il lui semblait être sous le feu des projecteurs. Et indépendamment d’une vie sociale qui nourrissait sa fierté, elle avait vécu, dans l’intimité et le déroulement du quotidien, le summum de l’harmonie. Il était tout ce qu’elle pouvait imaginer au sujet d’un homme et elle s’était sentie une femme totalement épanouie. Sa vie semblait toute tracée, et celle-ci ne pouvait s’écouler qu’avec David à ses côtés.

Avait-il vécu la même histoire ? Toujours est-il qu’au cours d’un déplacement professionnel de 3 mois à l’étranger, il s’était rapproché d’une jeune française avec laquelle il travaillait. De retour en France, il avait fait son choix et avait quitté Estelle.

Elle était au stade où elle ne ressentait plus rien, ni colère, ni trahison, ni culpabilité. C’était ainsi ! Le monde s’était écroulé et elle survivait dans un champ de ruines. Très jolie, elle était consciente de plaire. Cultivée, pleine de qualités, susciter l’intérêt d’un homme n’était pas un problème. Simplement, aucun n’était à la hauteur. Avec David, ç’avait été l’évidence. C’était lui l’homme de sa vie et il n’y en avait pas d’autres. Aucun autre homme ne la faisait vibrer et elle ne se voyait pas en couple avec ceux qui l’approchaient. Elle disait : Ma vie fonctionne, mais côté cœur, une part de moi est morte à l’intérieur ! Il lui manquait ! Deux ans après leur séparation, elle attendait qu’il revienne, tout en sachant que ça n’arriverait pas !

Avant de poursuivre un travail de reconstruction, il lui fallait purger les émotions qui la tenaillaient. D’après elle, elle ne ressentait plus rien. Mais même cela, c’est un ressenti. Nous avons travaillé sur le manque, la sensation d’être morte, d’être abandonnée par la vie, sur le désespoir. Puis sont venus d’autres ressentis, l’incompréhension, l’injustice…

La conversation prit une autre tournure. Et nous sommes parvenus à isoler de sa vie plusieurs événements, tous portés par la même croyance. Dans son enfance, elle avait grandi en compagnie de son petit voisin avec qui elle s’entendait très bien. Puis les parents de ce garçon avaient déménagé et elle l’avait perdu de vue. A l’âge de 14 ans, ses parents avaient divorcé, et ce qu’elle appelait ses belles années avaient pris fin à ce moment-là. A plusieurs reprises, les personnes ou les choses auxquelles elle était attachée, lui avaient été soustraits. Facilement reconnaissable dans les profils de personnalité de l’Ennéagramme, elle s’était petit à petit coupée de ses émotions, décidant inconsciemment de ne plus s’investir émotionnellement, affectivement, puisque tôt ou tard, la vie le lui enlèverait, et sans doute même, au moment où elle s’y attendrait le moins. Puis David était arrivé dans sa vie, et pour lui, elle avait fait une exception. Elle avait rouvert son cœur et elle ne le regrettait pas, car au moins, les 9 années passées avec lui avaient existé. Elles étaient inscrites dans le livre de sa vie, et tant pis si cette période avait été plus courte que prévue. Certains ne vivent jamais un amour aussi fort, alors je m’en contente, me déclara-t-elle !

A l’écouter, elle semblait résignée, certaine que sa vie sentimentale était terminée et qu’elle ne pourrait jamais reprendre vie. Pourtant, elle était là devant moi ! Une part d’elle était forcément demandeuse d’une solution, et avant cela, d’une guérison !

Très mentale, sa guérison devait passer par la logique. La 1ère phase consista à lui expliquer les rouages de la loi d’attraction et démanteler l’illusion de sa croyance : « On ne fait pas toujours ce qu’on veut. Le monde extérieur, les autres, décident de ma vie, et je n’y peux rien ! »

Nos croyances, nos pensées, nos sentiments, émanent de nous par le biais de notre champ électromagnétique. Celui-ci n’est pas qu’un émetteur, il est aussi un aimant, qui va attirer les expériences et les personnes adéquates, afin que nous vivions dans l’expérience, ces croyances, pensées et sentiments. Ceux-ci nous appartiennent ! Ils étaient là avant l’expérience, et ils l’ont créée ! Plus exactement, ils lui ont ouvert la porte !

Cette expérience d’abandon était totalement compatible avec son histoire personnelle et les croyances qu’elle en a déduites. « Si j’aime quelque chose ou quelqu’un, la vie me le reprendra ! »

Elle était obligée de reconnaître que l’histoire semblait se répéter, qu’il y avait un programme logique et implacable derrière tout ça. Cela prenait un sens et elle commençait à envisager le fait, que non seulement elle n’était victime d’aucune malchance, mais que si elle était porteuse d’un tel programme, alors, il lui était possible de le remplacer par un autre plus intéressant à vivre !

Nous avons donc identifié ses croyances de départ :

  • Si j’aime, la vie me le reprendra !
  • Toutes les bonnes choses ont une fin, et je n’en ai pas le contrôle !
  • Aucun homme ne me permettra de revivre l’intensité de ce que j’ai vécu avec David !

En outre, elle me confia avoir un problème avec la notion de fin. Elle préférait les actions de courte durée, les loisirs de courte de durée, et aujourd’hui les relations de courte durée. Elle préférait connaître à l’avance le moment de la fin, de façon à doser l’investissement émotionnel à fournir. Elle n’aimait pas la notion d’illimité, sûrement de peur de ne pas connaître le moment de la fin. Elle voulait en garder le contrôle. Quoi de plus normal, après les fins prématurées indépendantes de sa volonté qu’elle avait subies par le passé, et qui l’avaient fait souffrir !

Après plusieurs séances d’EFT, de PNL et de visualisations, nous sommes arrivés à une nouvelle conception de la vie.

  • C’est un leurre de penser que la sensation d’être en vie, d’être une femme épanouie, heureuse, aimante et aimée, provient de l’extérieur. Je décide de vivre les sentiments de mon choix, je les ancre en moi, je les ressens, et alors seulement j’attire la ou les personne(s) avec qui les vivre.
  • Je n’ai pas le contrôle sur les autres, mais j’ai les pleins pouvoirs sur ce que je décide de vivre. Même si une relation s’arrête, je continue d’émettre et d’attirer. La forme de mon expérience changera, mais le fond et son intensité resteront identiques, tant que je le déciderai.

Le but d’ancrer ces deux nouvelles formes-pensées était de vaincre sa peur d’une fin prématurée. Rien ne lui sera imposé de l’extérieur. Car ce monde extérieur est une illusion. Il s’ajuste en temps réel, en fonction de ce que nous avons besoin de vivre pour prendre conscience de nos mécanismes inconscients. Envisager une fin de relation sans que celle-ci soit synonyme de souffrance et de vide, a permis d’élaborer un « bon de commande » très précis de ce qu’elle voulait éprouver dans une nouvelle relation. D’autant plus facile à concevoir qu’elle pouvait se remémorer aisément certains ressentis appartenant à la relation avec David, l’occasion lui était donnée, en outre, de parfaire certains aspects qu’elle avait occultés. Une façon de descendre cette précédente relation du piédestal sur lequel elle l’avait placée !

Ce qui suivit dans sa vie fût des plus étonnants : Quelques jours plus tard, elle s’inscrivit sur un site de rencontres, mais rien ne correspondait à ses attentes. Mais posant un acte volontaire dans le but de vivre l’idée précise de la relation qu’elle se faisait désormais, l’univers fit le reste. Elle rencontra quelques semaines plus tard, un homme avec qui, là aussi, cela semblait être une évidence. Elle s’est rendue compte qu’elle tombait amoureuse quand elle prit conscience de la joie que lui procurait chacune de leurs entrevues et de la façon dont il occupait son esprit tout au long de ses journées. Curieusement, c’est à ce moment-là, que David refit son apparition. Sa relation venait de prendre fin et ils se revirent une fois. Il n’est pas rare que le jour où on lâche prise et que l’on abandonne l’idée de vivre quelque chose, ce quelque chose se présente. Il n’y a pas de règles en la matière pour faire son choix. Mais dans ce cas de figure, Estelle laissa au passé ce qui appartenait au passé, et se concentra sur sa nouvelle vie !