Trouver une activité épanouissante

 

- Sébastien, 41 ans, ressentait le fameux cap de la quarantaine. Commercial auprès des collectivités, son travail était certes, lucratif, mais chaque journée ressemblait à la précédente. Pas de créativité, et pas vraiment d’implication. « Je fais mon travail du mieux possible et je pense que j’y parviens, mais que je vende de la papeterie, ou des voitures, ou des parpaings, ce serait pareil ! A part pour l’argent, quel intérêt ? Et aujourd’hui, l’argent ne me suffit plus ! »

Il avait fait un bilan de compétences, qui lui avait appris qu’il pourrait être… commercial ! En fait, il cherchait une activité dans laquelle il puisse s’épanouir, mais il ne savait vraiment pas où ni quoi chercher.

En se référant au Tao, on pourrait dire de lui qu’il a une énergie yang, masculine, bien présente, mais une énergie yin, féminine, absente. Il ne sait pas « quoi » faire, mais s’il le savait, il saurait « comment » le faire. Toujours est-il qu’il ressentait un manque d’épanouissement, et que pour lui, la solution résidait dans le choix d’une nouvelle activité. Quand il me demanda si je voyais dans quelle activité il pourrait s’épanouir, je lui répondis que non seulement, je n’étais pas médium, mais qu’il y avait peu de chance qu’il puisse trouver une activité qui le rende heureux ! Je reconnais avoir été un peu abrupt, alors je me suis expliqué. Croire que pratiquer une activité plutôt qu’une autre, peut nous épanouir est une confusion mentale. Ce n’est pas ce qu’on FAIT qui nous épanouit, c’est ce qu’on EST quand on le fait ! Malheureusement, notre vision occidentale et les bilans de compétence proposés dans notre société, nous poussent à croire que notre bonheur dépend de ce qu’on fait ou de ce qu’on a ! Voilà pourquoi, parmi les gens qui ressentent un manque de relief et d’engouement dans leur vie professionnelle, il y a les moins courageux qui s’accrochent aux branches en espérant que leur salaire continue d’arriver chaque mois jusqu’à la retraite, et il y a les plus téméraires qui tentent de nouvelles alternatives. Cette dernière catégorie se partage encore en deux sous-catégories : ceux qui cherchent une activité épanouissante, changent d’entreprise, parfois de métier, et se rendent comptent au bout de quelques temps, que seul le décor a changé, mais que l’épanouissement n’est pas au rendez-vous, et ceux qui ont changé de paradigme et décidé d’ancrer en eux un nouvel état d’être, seul capable d’attirer dans leur vie des solutions différentes. Tant que l’on cherche parmi une liste préétablie de professions, notre bonheur au travail a peu de chances de voir le jour. Où se trouvent notre créativité et l’écoute de notre voix intérieure, si nous choisissons parmi des solutions créées par notre société ?

Pour Sébastien, comme pour tous ceux qui abordent la quarantaine, c’était un moment de remise en question, le moment où l’on arrive à la moitié de sa vie professionnelle, à la moitié également de sa vie tout court ! Souvent, on ressent à cet âge-là le besoin de se positionner. Est-ce que je continue ? Ou est-ce que je fais prendre un virage à ma vie ? Si ce n’est pas maintenant, ce ne sera peut-être jamais ! Au lieu d’un bilan de compétences, c’est plus d’un bilan de vie dont nous avons besoin. Où sont nos rêves d’enfant ? Si l’enfant de 8 ans que j’étais se présentait devant moi, serait-il content de ce que j’ai fait de ses aspirations les plus profondes ? Est-ce que je me sens en vie ?

Alors nous avons décortiqué la vie de Sébastien et tenté de faire ressortir ce qui l’épanouissait le plus. Nous avons isolé les moments où il se sentait le plus vivant ! Il ne s’agissait pas tant de mettre l’accent sur ce qu’il savait faire que sur ce qu’il aimait faire. Exercice pas toujours évident pour certains, car le fait de « bien réussir » certaines tâches procurent le contentement et la satisfaction, la fierté et l’estime de soi. Ca ne veut pas dire qu’on aime réaliser ces tâches. S’il n’y avait pas de réussite au final, les aimerions-nous toujours ?

Sébastien aimait la fête. Il aimait aussi faire plaisir. Il aimait être entouré de plein de monde. Il aimait le contact et négocier. Il aimait amener un service complet, au-delà même de ce qu’on lui demandait. Il aimait aussi sa liberté de mouvement, son indépendance. Il appréciait quand la cohérence des décisions s’accordait à la réalité, ce qui n’était pas toujours le cas dans la société où il était employé.

Finalement, son énergie yin, pourvoyeuse d’émotions, n’était pas si endormie que cela. Je lui suggérai d’ancrer le soir avant de se coucher toutes les sensations qu’il venait de citer, sans se préoccuper d’y mettre une forme, donc sans imaginer une activité en particulier. Juste en éprouver le ressenti, et demander à le vivre concrètement. Il devait s’endormir, persuadé que quelque chose était en cours de conception, et qu’il recevrait bientôt sa commande.

Une semaine après, il m’annonça qu’il ne croyait pas vraiment à ce qu’il faisait, et qu’il doutait que, sans démarches concrètes de sa part, l’activité lui tombe du ciel !

L’EFT permit alors d’atténuer, voire de faire disparaître un certain nombre de résistances et de peurs. Peur d’échouer, peur de devoir continuer sa vie actuelle, peur de ne pas avoir le droit de faire une activité qui lui plaise et qui en plus, lui procurerait de l’argent (un classique celle-là !), peur de devoir prendre des dispositions, de devoir chambouler sa vie actuelle, etc…

Il continua néanmoins ses visualisations, plus exactement ses exercices de ressenti !

Deux semaines plus tard, un couple de ses amis a dû déménager à Hong-Kong pour raisons professionnelles. Ils avaient prévu de se marier 4 mois plus tard et ne savaient pas comment continuer à organiser la cérémonie d’aussi loin. Sébastien se proposa de les aider et d’être leur relais. Il s’acquitta de sa mission non seulement avec brio, mais avec beaucoup de plaisir ! L’idée d’organiser des mariages ou autres cérémonies dans le cadre d’une activité professionnelle s’imposa naturellement ! Tout ce qu’il avait imaginé était présent. Le plaisir qu’il avait eu à s’occuper du mariage de ses amis, avait un goût de déjà-vu ! Sauf que là, il le vivait dans l’expérience !