Vivre de sa passion

Je ne compte plus les personnes que j’ai pu recevoir et qui ont d’un côté, un travail alimentaire qu’ils exécutent parce qu’ils savent très bien le faire mais ne leur procure que peu de plaisir et encore moins souvent de reconnaissance, et d’un autre côté, une passion, soit un loisir, soit une activité secondaire mais qui financièrement, ne leur rapporte qu’une poignée d’euros ! Comment réunir les avantages des deux, une passion qui devienne professionnellement lucrative ?

Evidemment, nous sommes dans un monde où l’argent a son importance et il ne s’agit pas de se lâcher des deux mains et faire preuve d’un excès de foi. Il convient d’étudier son propre marché et d’estimer s’il est possible ou non de vivre de cette passion. Parfois oui, parfois non, ou bien cela nécessite quelques arrangements, et enfin un choix, car parfois, gagner moins qu’aujourd’hui ne signifie pas être moins heureux. Certains aspects de notre vie ne sont pas quantifiables et sont à mettre au crédit d’une meilleure qualité de vie !

- Edwige, 38 ans, était employée en restauration depuis 11 ans. Horaires décalés, week-end et jours fériés, planning modifiés de dernière minute, peu de reconnaissance… elle était à la limite du burn-out ! Trois ans plus tôt, elle avait fait une formation en sophrologie. Elle exerçait sur ses jours de repos, mais sa clientèle était très réduite. Pourtant, elle se sentait beaucoup plus à sa place en pratiquant la sophro que dans son travail actuel. Alors la question était : Comment faire pour développer sa clientèle et en vivre ?

L’altruisme semblait lui coller à la peau, mais l’Ennéagramme nous enseigne que derrière un altruisme forcené, se cache parfois une motivation très égotique, celle d’obtenir la reconnaissance, la gratitude et l’estime des autres. Ce type de personnalité s’appuie sur un mécanisme consistant à satisfaire les besoins des autres… pour ne pas avoir à reconnaître les siens. Afin de tester sa motivation, je lui posai la question suivante : En toute sincérité, si demain vous gagniez au loto dix millions d’euros, que feriez-vous ? Après avoir listé les dépenses sommes toutes communes à beaucoup de gens, il semblait bien que la sophrologie fut au centre de ses projets. Puis, même si le comportement cité ci-dessus avait bien été le sien pendant des années, elle avait grandement évolué, au point de savoir donner suite à ses besoins et ses envies.

Quand un individu est à sa place professionnellement, il devrait normalement recevoir toute la matière afin d’exercer à volonté. Si la clientèle se faisait rare, c’est qu’elle portait en elle quelques résistances. Elle a commencé à expliquer en détail ses séances, ses techniques, mais aussi ses doutes, sa recherche de perfection. Et des pistes ont commencé à se dessiner. Par rapport à d’autres thérapeutes, installées depuis longtemps, elle se sentait toute petite. Elle appliquait à la lettre ses protocoles appris pendant sa formation, avec la hantise de tomber sur un cas pour lequel ses techniques seraient inadéquates. Dans son emploi actuel, ses prises d’initiative étaient quasi nulles, car tout était imposé par la direction. Et maintenant, elle était face à un vide d’autorité, il n’y avait personne pour lui dire quoi faire dans tel ou tel cas de figure. En se retranchant derrière des techniques apprises par cœur, une autorité virtuelle semblait la rassurer, mais montrait aussi ses limites. Pour compenser sa peur de ne pas être suffisamment performante, elle recherchait régulièrement des formations complémentaires, de façon à pouvoir gérer toutes les problématiques rencontrées. Evidemment, en se focalisant sur la peur d’être inefficace, la loi d’attraction lui manifestait régulièrement des personnes sur lesquelles les effets bénéfiques tardaient à se faire ressentir. Les schémas de pensée agissant comme de véritables programmes étaient : Puisque je pense que mes techniques ne sont pas suffisamment efficaces, j’attire des personnes qui valident ma croyance et pour qui mon intervention est sans effet.

Je m’attardai alors sur ce qu’elle ressentait dans ces moments-là. Sentiment d’être inutile, peur de décevoir, sentiment qu’un autre thérapeute aurait fait mieux qu’elle, doute quant à sa place, peur de ne pas avoir de bons retours et que son activité ne décolle pas…

La loi d’attraction nous a appris que plus nous sommes dépendants de quelque chose d’extérieur à nous, plus nous affirmons en réalité que nous en sommes dépourvus à l’intérieur de nous. Or, on ne manifeste que ce dont on est porteur, ici et maintenant. La réussite ne dépend pas d’une multitude de techniques. En vouloir maîtriser davantage revient à affirmer que celles dont on dispose sont insuffisantes. Et c’est ce qu’on expérimente ! J’ai connu quelqu’un qui savait particulièrement bien soigner les sciatiques, et uniquement ça. Son cabinet ne désemplissait pas ! En mettant l’accent sur la valeur de ce qu’elle connaissait déjà, Edwige avait déjà plus de chances d’attirer une clientèle qui lui ferait ressentir cette valeur.

Puis au-delà de ça, ce qu’elle cherchait à améliorer était sa propre valeur ! Le sentiment d’inutilité, la peur de ne pas être à la hauteur, la comparaison avec d’autres thérapeutes, trahissaient un manque d’estime et de confiance en elle. Et elle ne devait pas être dépendante d’une technique efficace pour sentir sa valeur personnelle.

Voici quelques phrases qui ont été tapotées en EFT, en tous cas au début :

  • Même si j’ai peur de ne pas être à la hauteur dans mes soins, je m’aime et je m’accepte telle que je suis.
  • Même si j’ai peur que mes techniques soient insuffisantes, je m’aime et je m’accepte telle que je suis.
  • Même si j’ai peur de décevoir…
  • Même si j’ai peur de ne pas réussir…
  • Même si je doute de mon intuition…
  • Même si j’ai l’attente d’un bon résultat pour être sûre de moi…

Pour arriver à des ressentis tels que :

  • Je sollicite les énergies d’auto guérison mais la guérison lui appartient…
  • Je sais que mes techniques sont amplement suffisantes pour en mesurer les effets.
  • Je ne sais pas tout, mais ce que je sais, je le fais bien.
  • Je laisse la vie manifester les personnes pour qui mes prestations sont utiles et bienfaisantes.

Etonnamment, les personnes qui la contactèrent par la suite avaient souvent une vie qui faisait écho à la sienne. En s’occupant d’eux, elle s’occupait aussi de son histoire et en explora les moindres recoins. Elle trouva ainsi sa spécificité, et pris conscience que personne d’autre n’était mieux placée qu’elle pour leur venir en aide. La technique avait été replacée à sa juste place, à savoir un outil. Sa valeur personnelle allait bien au-delà de celle accordée à une technique.