Vivre un amour partagé

 

- Sylvie, 24 ans, vivait des relations à sens unique. Soit elle tombait amoureuse d’hommes mariés, ou vivant loin, ou encore d’hommes qui n’étaient carrément pas amoureux d’elle, soit elle attirait des hommes disponibles, qui l’aimaient, mais qui la laissaient indifférentes !

Soit elle aimait, soit elle était aimée ! Mais elle ne parvenait pas à vivre les deux simultanément. Elle se désespérait pouvoir vivre un amour partagé, réciproque.

Puisque que, généralement, je suis consulté pour créer un lien, je me demandais bien, au début de l’unique séance que nous avons faite ensemble, quelle était la voie à suivre pour relier les deux situations sentimentales qu’elle savait manifester dans sa vie, mais qui, pour une raison encore occulte, demeuraient séparées ! Une construction mentale, une croyance périmée, continuait d’être active dans son inconscient !

Pas de divorce parental, bonne entente, pas de conflit majeur, plutôt une bonne communication entre tous les membres de sa famille ! De plus, ses frères et sœurs vivaient tous une vie de couple épanouie. Elle était la 3e et petite dernière de la fratrie. En théorie, le 1er enfant, l’aîné, est relié au père, le 2e est relié à la mère et le 3e est appelé l’enfant du changement. Le 4e est relié au 1er, qui est relié au père, le 5e est relié au 2e qui est relié à la mère, le 6e est relié au 3e, qui est aussi un enfant du changement.

Elle m’expliqua pourtant qu’elle se sentait très proche de son père, qu’il avait un peu l’image de son héros d’ailleurs. Et qu’entre eux existait une relation fusionnelle.

Se pouvait-il qu’elle se refuse inconsciemment de vivre une relation de couple, par loyauté envers son père ? Un complexe d’Œdipe mal géré ?

Un peu par hasard au cours de la séance, elle m’informa que juste avant elle, sa mère avait dû faire une interruption thérapeutique de grossesse après plus de 6 mois. Pour avoir participé à de nombreuses constellations familiales, je savais qu’un enfant qui naît juste après une fausse couche, un avortement, un bébé mort-né… prend souvent la responsabilité de réparer le traumatisme laissé aux parents d’avoir perdu un enfant. Il se « doit » de faire vivre à travers lui la mémoire du frère ou de la sœur qui n’a pas survécu. La pression qu’il se met est forte, car il ne veut pas décevoir l’un de ses parents ou même les deux. Son père se réjouissait d’avoir un 3e enfant. Sa déception et sa peine furent sans doute considérables. Alors quand Sylvie est arrivée, son petit 3e était vraiment le bienvenu. Sauf qu’il s’agissait… du 4e ! Donc relié au 1er, et relié au père. On comprend mieux le double attachement qu’il l’unissait à son père. Elle était la 4e, et prenait sur elle les attentes de son père vis-à-vis du 3! Normal dès lors, qu’une relation fusionnelle se soit installée entre eux. Sauf qu’elle avait grandi en faisant tout pour lui faire plaisir, au détriment de ses propres désirs à elle. Sa propre identité n’avait pas pu se construire et elle avait une tendance à s’effacer au profit des gens qu’elle aime. La peur de décevoir était donc au centre de sa personnalité. Elle ne l’avait pas déçu une seule fois et ne pouvait rien savoir de la réaction qu’il aurait eu si c’était arrivé. A cette idée, elle se bloqua littéralement. Décevoir son père ? Risquer de perdre son amour ? Je sentais en elle une émotion proche de la peur panique.

Aujourd’hui, être aimée par des hommes ne lui posait pas de problème, car elle avait acquis la certitude d’être digne d’être aimée. Mais elle manifestait toutes sortes d’obstacles l’empêchant de vivre une relation avec un homme qu’elle aime, par peur de le décevoir ! Et en aimant des hommes « indisponibles », elle ne prenait pas de risque !

Elle se sentait la fille de son père, mais ne se sentait pas suffisamment femme pour être avec l’homme de sa vie. Son manque d’identité en tant que femme générait un manque de confiance en elle et réactivait la peur de décevoir.

L’EFT lui permis d’enrayer cette peur de décevoir. Nous avons aussi travaillé sur le « savoir dire non », ainsi que sur l’autorisation qu’elle devait se donner à elle-même de vivre sa vie pour elle, selon ses désirs.

Le changement fut très rapide. Elle sentit son humeur et son état d’esprit changer instantanément. Elle me rappela à nouveau le lendemain, avec un sourire qui s’entendait au téléphone, pour me dire qu’elle percevait désormais ce que voulait dire se sentir femme. Et moins de deux semaines plus tard, un homme qui l’attirait beaucoup mais qu’elle avait repoussé parce qu’il était en couple, donna de ses nouvelles. Il était libre maintenant, et ils débutèrent une belle idylle.

 

- Françoise, 53 ans, participait à un atelier Jeu du Tao que j’avais le plaisir d’animer. Pour rappel, je précise qu’au début de l’atelier, chaque participant formule une quête, un désir qui lui est cher et qu’il souhaite voir réalisé dans sa vie. Cette quête doit être formulée de façon positive, et non soustractive, elle doit être liée au présent, et elle doit être personnelle. Pourtant, sa quête était : Rétablir l’harmonie dans mon couple ! Cette quête est insoluble. Un peu comme si vous demandiez à un ordinateur de mesurer les 5 côtés d’un carré ! Après avoir cherché un moment, il vous indiquerait un message d’erreur !

Sa quête n’impliquait pas qu’elle, mais aussi son mari. Elle était simplement mal formulée. Pour rétablir l’harmonie au sein d’un couple, il faut que les deux protagonistes le veulent, et que les deux acceptent l’idée de changer eux-mêmes. Elle déclara que selon lui, tout allait bien, que c’était elle qui était dépressive et qu’elle devait se faire soigner. Que lui personnellement, ne voulait pas que les choses changent ! Certaines personnes autour de la table s’indignèrent en lui demandant : Mais il est où l’amour entre vous ? Comment peut-on voir sa femme dans un mal-être et proclamer que tout doit rester comme ça ? Afin de calmer les ardeurs, je lui suggérai une autre quête : Vivre l’harmonie en couple !

Le jeu allait ainsi aider à clarifier les raisons pour lesquelles elle ne vivait pas l’harmonie et ce qu’il fallait qu’elle instaure en elle pour que cette harmonie survienne. Je précisai en outre, qu’il y avait un risque. Car si elle faisait ce choix, qu’elle prenait la décision irrévocable d’instaurer la paix et l’harmonie en elle, alors elle le vivrait ! Mais rien ne garantit que ce soit avec son mari. Il pouvait alors se produire deux alternatives. Soit son changement intérieur incitait son mari à s’adapter, et à se transformer, pour vivre l’harmonie avec elle, soit il ne changeait rien à sa façon de vivre, et elle ouvrait la porte à une autre relation au sein de laquelle l’harmonie pouvait être expérimentée. Elle préféra en rester là. La peur de perdre son mari, et sans doute bien plus, l’emportait sur son désir d’être une femme épanouie. Toute peur est respectable et il lui sera toujours possible de l’affronter ultérieurement quand elle se sentira prête.